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Documents of MGW

Raiden : sa descente aux enfers

 

Voilà un sujet qui me porte particulièrement à coeur, donc permettez moi d'en faire un petit dossier. Si l'on devait décrire l'expérience videoludique formidable qu'offre MGS2, il serait impossible de passer à côté de son aspect psychologique. Et même si les quelques premières fois qu'on joue, on est plus axés sur la complexité du scénario, on en retiens par la suite que le personnage de Raiden est un cas de psycho on ne peut plus intéressant à étudier. Trêve de bavardage, commençons.

 

S'il est une chose dont veut nous parler Kojima dans ses Metal Gear, surtout dans les Solid 1 et 2, c'est de la psychologie des combattants. Que ce soit Snake, Grey Fox (les deux machines de guerre), ou le torturé Raiden, tous y passent.

Le Diable BlancMais Raiden est un cas très intéressant selon moi. Résumons premièrement sa tragique enfance. Il est né, et a grandit orphelin. Il ne sait pas encore les causes du décès de ses parents. Ceux-ci n'ont jamais pu lui enseigner, ce qui constitue finalement le message de fin du jeu. Il a grandit bercé par les coups de feu, et on en a fait un assassin. Il aurait tenu selon lui sa première mitraillette à 6 ans. Le matin, il allait demander à ses supérieurs combien de gens il devait tuer dans le journée, et si ce n'était pas fait le soir, il ne mangeait pas.

Il faisait de plus l'objet, comme tout les enfants soldats d'une manipulation psychique dû à une drogue, le tolluène, substance contenue dans le poudre de canon, allègrement versée dans sa nourriture pour le rendre plus malléable, et était sujet à une intense "formation visuelle", durant laquelle on le forçait à visionner des films d'action américains, avec des virtuoses du meurtre. Et le problème, c'est que contrairement aux autres enfants-soldats, il était doué. Même très doué. Pouvez vous concevoir l'idée d'être bon dans un art que non seulement vous abhorrez, mais qui en plus vous est imposé en échange Raiden Enfantde votre survie. Devenu le "Diable Blanc" ou "Jack L'Eventreur", il ne rapportera qu'horreur et traumatisme de cette horrible expérience.

On ne sait réellement ce qu'il advient de lui après. Il essaya au mieux de se constituer une vie normale. Mais s'il pouvait consciemment écarter tous ses horribles souvenirs, ils étaient profondément gravés dans son inconscient, et refaisait surface toute les nuits dans d'affreux cauchemars. Tous les soirs rattrapé par son passé, il ne veut, et ne peut partager ses souvenirs avec personne. Rose elle même ne dormira jamais avec lui pour cette raison. Confrontés sans cesse à ses frayeurs, il se revoit sans cesse entrain de tuer. Et la seule façon pour lui d'éviter cela, c'est de vaincre le feu par le feu en reprenant du service sur le champ de bataille.

Mais ce n'est pas cela qui amena Raiden sur la Big Shell. Et c'est justement le drame qui le différencie de Gray Fox en le rapprochant de Snake. Gray Fox, lui, n'a vécu que pour se battre comme il le dit sous le pied de Metal Gear Rex. Mais au moins il s'est toujours battu pour un idéal, ce qui est le cas de Snake dans MGS2 mais pas dans MGS1, ou tuer est un moyen pour lui de se sentir vivant. Raiden, lui, s'est rendu sur la Big Shell parce que c'est un ordre qu'on lui a donné, et que dans son enfance, il n'a jamais appris à discuter les ordres. On lui a dit d'aller sur la Big Shell, donc il y est allé. Lui même ne sait pas pourquoi d'où sa non réponse devant la question de Pliskin. C'est un meurtrier sans idéaux qui se déteste, et à qui on va apprendre à détester ce qui l'entoure.

RaidenSi Raiden a cette aversion pour lui même, c'est pour la raison évoquée ci dessus. Si il a cette adoration pour Snake, c'est qu'il le prend lui pour un héros, parce que d'accords il tue, mais il sauve le monde. Il est dans le camp du Bien, alors que lui n'a jamais servi que le "Mal". Or, voilà qu'on lui présente ce Snake comme ennemi, dans un décor recopié sur ce en quoi il jure, Shadow Moses. Et il en perd toute ses convictions. Il est en plein combat contre lui même, et ce pendant tout le jeu, pour apprendre à la fin, apothéose de son horreur, qu'il n'aura été qu'un pion, et ce parce que c'est un être refoulé, qui n'a pas d'existence propre du fait de ses craintes, et qui rejette sa vie sur les autres. Il n'est, et ne sera jamais que "l'enfant terrible" de son enfance...